Des smartphones trop gourmands

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24/09/2018

Des smartphones trop gourmands

Les smartphones font désormais partie de notre quotidien. Chaque année, des millions de modèles toujours plus perfectionnés arrivent sur le marché. Si cet engouement des utilisateurs profite aux fabricants, ils ont un coût pour l’environnement. En effet, la fabrication et surtout l’utilisation grandissante des smartphones sont hautement énergivores et participent au dérèglement climatique.

Des impacts importants

Plusieurs études (dont une étude de l'Université McMaster) mettent en avant une évolution inquiétante de l’impact des TIC (Technologies de l’information et de la communication) et plus particulièrement des smartphones sur l’environnement.
La contribution des TIC (ordinateurs, tablettes, smartphones mais aussi des infrastructures de stockage) pourrait connaître une croissance telle qu’elle passerait de 1% de la totalité des émissions de gaz à effet de serre (GES) en 2007 à 3,5% en 2020, pour atteindre, selon le scénario le plus pessimiste, 14% d’ici à 2040.
À titre de comparaison, l’utilisation de la voiture particulière oscille aux alentours de 2% des émissions de GES en Belgique. L’enjeu est donc de limiter la part des émissions des TIC, secteur qui connaît une croissance plus rapide que les autres activités polluantes.

 

D’autres recherches sur le cycle de vie des smartphones montrent qu’il faut jusqu’à cinq ans d’utilisation pour que l’impact environnemental de l’usage du smartphone soit égal à celui de sa fabrication ! Pourtant, bien souvent les utilisateurs ne conservent pas aussi longtemps leur appareil et souhaitent rapidement en changer pour un modèle plus récent.
Ceci sans compter l’obsolescence programmée qui affecte fortement les ventes de smartphones. Afin de proposer des téléphones toujours plus fins, performants et étanches, l’accès aux composants et les possibilités de réparations sont devenues complexes, voire impossibles, et quand elles le sont, peuvent s’avérer si coûteuses que les consommateurs se dirigent vers des modèles neufs.

Cette tendance n’a rien de bon pour la planète. L’augmentation de la vente de smartphones neufs rime avec accroissement de leur fabrication et on estime qu’une grande part des émissions (85 à 95%) de GES des smartphones commence dès leur fabrication.

Vers des smartphones modulaires ?


Pourtant, certaines initiatives vertueuses voient le jour afin de minimiser cet impact, à l’image du Fairphone.
La démarche à l’origine de ce téléphone repose sur quatre piliers : un design pensé dans la durabilité pour un téléphone modulaire, facile à réparer avec des pièces changeables qu’il est possible d’acheter séparément, des matériaux tracés et sélectionnés afin de proposer le produit le plus éthique possible pour les personnes comme pour la planète, l’amélioration des conditions de travail dans les chaines de fabrication et la création de filières de réutilisation et de recyclage.
La perspective d’un téléphone modulaire et durable représente une opportunité à saisir pour limiter l’impact écologique de la production de smartphones alors qu’actuellement environ 15% seulement des téléphones en fin de vie sont recyclés.